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25 août 2011

Aperçu

révisée le 28 février 2012

Universitaire créatif, humaniste et missionnaire, ordinairement auteur d’ouvrages académiques ou d’articles scientifiques en psychologie, B. F. Skinner ici comme un volcan en éruption, nous surprend d’une oeuvre utopique à saveur philosophique et politique pour lecteur ouvert à l’inédit, la controverse et la résilience de l’espèce humaine.

Il a écrit ce roman en quelques semaines pour exposer sa version de la simplicité volontaire avant le terme vécu en communauté laïque. L’instigation relève de quelques volontaires entreprenants aux lendemains de la crise économique de 1929.

Dans cette communauté d’abord envisagée puis entreprise, l’intention initiale est l’application de la science en comportement humain au développement d’un art de vivre nouveau; à l’expérience, la recherche intuitive puis expérimentale procure le mieux-être des membres recrutés puis une meilleure espérance de survie de l’humanité.

Concrètement, nous avons alors droit à une visite guidée imaginée au sein d’une telle communauté en développement depuis une dizaine d’années. Frazier son instigateur offre un tour du propriétaire à un professeur de psychologie, Burris et à son collègue en philosophie, Augustine Castle. Deux jeunes couples, Rogers et Barbara, Steve et Mary, réunis depuis peu avec la fin de la deuxième guerre mondiale, envisageant de se marier et en quête d’un cadre de vie plus stimulant que celui qui s’offre à eux présentement, complètent le groupe à titre d’éventuelles recrues.

Les visiteurs découvrent dans un environnement vert, un mode de vie très différent du rêve américain, favorable au loisir et à la joie de vivre plutôt qu’au travail aliénant ou outrageusement compétitif et à la consommation comme beaume. Le changement social y relève de l’intelligence, de l’humour et de l’expérimentation et non d’un gouvernement lointain, dominé par un combat entre pouvoir, opposition et médias. Le loisir créatif y abonde en raison d’une journée de travail pour la communauté de 4 heures seulement et de l’absence d’une pression médiatique incessante à la consommation.

En chemin, le guide se fait aider pour les explications spécifiques par le gérant de la laiterie, la gérante des ateliers de productions artisanales et artistiques, la dessinatrice de mode, les préposés à la cafétéria, l’infirmière de la pouponnerie, le médecin de l’infirmerie, la gérante de la répartition du travail, l’architecte, mais pas par le planificateur financier, ni par la communicatrice aux relations extérieures.

Le professeur recueille lors d’une marche impromptue en solitaire l’avis d’une jeune dame qui le fait rêver, croisée dans l’escalier-galerie d’art, et d’une autre à l’âge de la retraite, sur son perron, encore active au jardin, à la cuisinière et auprès de ses petits enfants.

Le peuplement se fait par recrutement. Comme le projet admet de jeunes adultes, il se fait également par engendrement. Ce dernier jaillit comme occasion d’accomplissement personnel affectif naturel mixte à 16-20 ans plutôt que 30 étant donné la prise en charge matérielle et éducative des enfants par la communauté. Les parents sont une richesse indispensable à la communauté.

Dans la communauté, l’enfant est vu comme l’objet d’un projet mutuel naturel engagé comptant abondamment de don de soi de deux êtres asymétriques et non égaux en fait bien qu’en droit, qui réussissent à s’entendre sans trop de heurts en raison et malgré leurs différences et leurs ressemblances. Ces partenaires sont ouverts à la découverte et conscient du don de soi dans la qualité de vie personnelle et communautaire, des choses qui s’enseignent à Walden Two. Le projet de vie commune est examiné professionellement et déconseillé si invraisemblable.

Il n’y a pas d’école primaire formelle à Walden Two mais une bibliothèque à date et bien garnie. Tous les membres de la communauté se doivent d’enseigner ce qu’ils savent à qui veut bien apprendre quand l’occasion s’en présente. Ce que l’école secondaire enseigne en vase clos, les ado waldeniens l’apprennent en milieu naturel et à flux tendu (just in time). La communauté est trop petite pour l’enseignement collégial ou universitaire mais il y a de l’un et de l’autre à proximité et les arrangements pour y accéder ont exposé la force de l’enseignement informel waldennien.

Les volontaires de Walden Two sont confiants en l’avenir mais informés de la réalité à l’extérieur de leur communauté. Ils ont vu et ont eu l’occasion de comparer, les plus âgés avant d’y être, les plus jeunes plus récemment.

L’aménagement de l’espace, le choix architectural, la réduction de la nécessité du transport et la consommation collective entraîne une économie d’énergie enviable. La marche est à l’honneur et suffit habituellement comme mode de déplacement interne. Walden Two arrive à produire et partager harmonieusement le nécessaire, l’agréable, l’inutile, l’accomplissement personnel et la recherche de sens à bon compte.

Frazier l’instigateur de la communauté croit que l’homme a créé Dieu et non l’inverse. À la limite cependant, il se prend un peu pour Jésus et un concurrent plausible à Dieu en matière d’ingéniérie de l’humanité. La pratique religieuse n’est pas réprimée mais elle n’a pas d’avenir comme la cigarette, l’alcool, le sport professionnel, la loterie et la musique étourdissante. Je vois des cous qui s’allongent comme ceux de girafes à qui Dieu aurait dit: “vous ne ferez plus jamais l’amour”.

Les dirigeants de la communauté ne sont pas à la merci des médias et des électeurs, ils ne sont pas élus, ils se sont choisis et entendus. Ils ont limité la durée de leur mandat à dix ans. Les waldenniens sont dépendants de la bonne volonté de leurs planificateurs et gérants mais ces derniers consultent abondamment et observent scientifiquement. Ils sont soumis aux mêmes conditions de vie qu’eux plutôt que de généreux volontaires bénévoles élus qui se compensent de pertes d’affection une fois parvenus à une classe de privilégiés. Ils doivent parfois faire plus que 24 heures de travail requis par semaine pour accomplir leurs fonctions, contrairement aux autres membres. Ils n’ont pas droit à la force. Ils ne doivent pas s’attendre à des remerciements des membres, ceux-ci sont mal vus à Walden Two. Leur satisfaction de la vie relèvera de leur bien-être personnel dont celui d’avoir accompli quelque chose pour leurs proches et leurs descendants.

Dans Walden Two, la survie de l’espèce humaine, comprendre l’évitement de son auto-destruction par l’exploitation nucléaire insécure ou une autre erreur de civilisation comme le gaspillage du pétrole ou la sous-natalité, relève de la multiplication rapide de communautés expérimentales à son inspiration et non forcément image et non de la mondialisation d’une occidentalisation à l’américaine.

Au bout de la visite, un des deux couples restera après qu’elle et lui aient passé individuellement avec succès l’examen d’entrée et signé le contrat d’adhésion au code.

Que fera Burris ?

Burris

Photo projective
Collection Briques à visages humains
Robert JJ-Y, un jour 2009

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25 août 2011

1 – Steve et Rodgers

Rodgers et Steve

Photo projective
Collection Briques à visages humains
Robert JJ-Y, un jour 2009

En 1945, Rogers un jeune militaire et Steve son ami d’armée fraîchement démobilisés, se cherchent un lieu et mode de vie. Ce qui s’offre à eux actuellement ne correspond pas à leurs aspirations personnelles et civiques. Quand Steve lui parle d’un article qu’il a lu sur un projet de communauté expérimentale intentionnelle, Rogers se souvient de propos tenus sur le sujet par un de ses professeurs.

Un bon matin, ils se rendent rencontrer ce professeur pour savoir où en serait le projet. Le maître se souvient peu de lui mais clairement et avec regret presque d’avoir digressé un jour sur des communautés utopiques. Il se rappelle d’avoir eu comme confrère Frazier l’instigateur du projet en question, bien qu’il ne l’a pas revu depuis dix ans peut-être. La communauté se construit à moins de 100 kilomètres. Il lui écrit à tout hasard pour savoir s’il est possible de visiter.

Sparknotes Résumé du chapitre 1 en anglais

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25 août 2011

2 – Visite guidée de 4 jours à six

La réponse ne se fait pas attendre. Son ex-confrère l’invite avec enthousiasme, il recrute. Il peut accueillir 10 invités sans gêne. Les deux jeunes hommes, leurs amies de coeur, un collègue en philosophie et lui-même se rendent donc à cette communauté intentionnelle pour une visite guidée de quatre jours.

Après un train de banlieue, un dîner aux sandwiches et une heure d’autobus en sortie d’une grande ville, ils arrivent à un terminus. Ils y sont reçu chaleureusement par Frazier, le concepteur et instigateur du chantier. Ils pénétrent en familiale au coeur de la communauté construite en pleine campagne.

Chemin faisant, ils obtiennent du guide peu de détails sur les bâtiments qu’ils aperçoivent. Frazier les conduit à leurs chambres pour qu’ils y rangent leurs bagages et se reposent un peu, une pour Steve et Rogers, une pour Barbara et Mary et une troisième pour le professeur et le philosophe. Ameublement rustique, lit supperposé, literie artisanale.

Sparknotes Résumé du chapitre 2 en anglais

 

 

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25 août 2011

3 – Une habitation pour 1000 personnes

Reposés, nos visiteurs et leur hôte Frazier entreprennent un tour du propriétaire avant d’aller prendre le thé. Chemin faisant, ils longent des moutons. Frazier en profite pour donner une première leçon de psychologie animale appliquée à l’utilisation des bêtes comme tondeuses. Il explique que le territoire de la communauté a été constitué en assemblant huit fermes. Leurs bâtiments ont servi de résidences au début.

Les visiteurs longent ensuite l’étang aperçu auparavant de la familiale. Il a été aménagé par les membres à partir d’un marais par la construction d’un barrage. De grands enfants s’y baignent, des canards s’y promènent. Au détour d’un ruisseau, nos visiteurs découvrent derrière une haie de pins des bâtiments qui servent d’ateliers. Ils arrivent finalement à l’unité résidentielle. Une passerelle fenêtrée en pente relie le quartier des enfants à celui des chambres personnelles des adultes. Des salles communes à proximité s’offrent à tous pour la rencontre ou le divertissement.

Le tout est conçu en fonction de l’hébergement, de l’alimentation, de l’épanouissement personnel, du développement communautaire et du divertissement d’environ mille personnes avec le moins possible d’exposition indésirable aux intempéries.

Sparknotes Résumé du chapitre 3 en anglais

25 août 2011

4 – Moment de bonheur pour Burris

Le côté nord de la passerelle qui n’a pas de fenêtre sert de mur d’exposition. Des oeuvres inconnues mais d’une qualité remarquable y sont accrochées. Le professeur s’y attarde un peu et soudain, pris pour une autre personne, se retrouve entraîné dans un groupe d’amis qui se rendent à une fête. Il est envouté par la gentillesse et la conversation d’une jeune dame qui l’a invité à s’assoir près d’elle. Autour, les gens sont charmants, spontanés, distingués, mais comme sortis d’un autre monde, parlant un autre langage.

Reprenant ses esprits, il rejoint le groupe à un pallier de la passerelle. Une femme élégamment vêtue y invite Barbara et Mary à aller prendre le thé et parler vêtements. Frazier expose aux hommes comment un ingénieur en pratiques domestiques a remplacé la traditionnelle tasse et soucoupe par un grand verre dans une base de paille avec anse.

La formule a été expérimentée et adoptée pour prévenir le renversement de thé ou café du comptoir de service au lieu de consommation. Frazier se sert lui-même comme c’est la règle à Walden Two et invite ses compagnons à en faire autant. Pendant qu’ils procèdent, il conclut son exposé en soulignant l’importance de l’expérimentation pour l’élaboration de coutumes appropriées à la communauté.

Sparknotes Résumé du chapitre 4 en anglais

25 août 2011

5 – Préoccupation pour l’élégance

Les planificateurs de Walden Two recrutent leurs membres en recherchant la diversité. Sous cette condition, Burris le professeur est surpris de voir à quel point les femmes y sont belles et vêtues avec élégance. On ne s’y efforce pas de suivre une mode qui dévalorise les vêtements avant usure. On les choisit simples, classiques, fonctionnels. On ne s’y costume pas pour des évènements marquants. On ne s’y promène pas tout nu comme certains pourraient le croire, pour ne pas se couper totalement du monde extérieur. Changer de vêtements, quand on a plein de temps pour le faire peut-être aussi rafaîchissant qu’un bain.

Les hommes attachent moins d’importance à leur apparence mais la communauté n’existe que depuis environ 10 ans et le changement souhaité met quelque temps à survenir. Comme le vêtement n’est pas un signe de richesse ou un moyen de s’enrichir, se vêtir pauvrement n’est pas une façon de protester.

Le chapitre se termine sur une fête, une enfant à son septième anniversaire est admise à la salle à diner de la communauté en présence d’autres du même âge et plus vieux. Auparavant, elle s’alimentait dans le quartier des enfants.

Sparknotes Résumé du chapitre 5 en anglais

25 août 2011

6 – Les espaces privés et publics

Pour se rendre de leurs chambres d’invités qui se trouvent à un bout de l’édifice aux salles à diners qui se trouvent à l’autre, les visiteurs et leur guide empruntent un long corridor en courbe où circulent des flâneurs. De chaque côté se trouvent des pièces pour la lecture, la conversation ou les jeux.

Les pièces aux fenêtres donnant sur la vue champêtre sont occupées malgré la magnifique température de cette fin de journée. D’autres pièces sans fenêtre sont prévues pour l’écoute de musique, le piano, les travaux artistiques ou la conversation. Pas d’immense salle de réunion: le théâtre la plus grande a 200 places.

Tout est pensé pour éviter la cohue et la foule, elles sont indésirables et coûteuses. Le roulement des équipements fait réaliser des économies. Surtout, on évite ainsi l’ambiance de pensionnat où tout le monde fait tout en même temps.

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