15 – Pas d’école, de l’accompagnement

15 – Pas d’école, de l’accompagnement

Après la petite enfance, les enfants graduent d’un groupe de croissance à un autre et l’apprentissage de ce qu’il faut faire et pourquoi se fait naturellement par imitation d’enfants juste un peu plus vieux, sans beaucoup d’aide d’adultes. Le contrôle de l’environnement physique et social s’atténue ou plus exactement, il est transféré à l’enfant et à son groupe. L’enfant s’initie à l’habillement et à faire son lit en dortoir à trois ou quatre ans. À cinq ou six, il passe du dortoir à une chambre. À partir de sept ans jusqu’à 13, il partage celle-ci avec trois ou quatre compagnons avec changements fréquents. À 13, il gradue à des chambres temporaires au quartier des adultes habituellement avec un copain. Au mariage ou non, il en obtient une permanente. Il contribue à sa construction ou à sa rénovation. L’alimentation des enfants de trois à six ans se fait dans une pièce spéciale, celle de ceux de 7 à 12 au même endroit que les adultes mais à des moments fixes. À partir de 13 ans les enfants font comme les adultes.

Il n’y a pas d’école au sens habituel à Walden Two. Ce qu’on trouve plutôt, c’est la présence d’enfants aux divers lieux de travail, laboratoires et salles d’étude, gymnase. Les gens vont et viennent librement dans la joie, le confort et l’efficience. Dans ces conditions, il faut admettre qu’il doit se produire une énorme quantité d’apprentissage. les coûts de l’éducation sont énormes. Si celle fournie à la maison n’a pas à être reprise à l’école, les coûts en sont beaucoup moindres. Il n’y a pas de graduation étant donné que l’on sait que les talents et les abilités n’évoluent pas au même rythme chez différents enfants. Il n’y a pas de cours obligatoires, l’éducation n’a pas une valeur économique ou honorifique. Elle a sa valeur en soi, sinon, elle n’en a pas. Les enfants sont heureux, rempli d’énergie et curieux. Il ne reste qu’à leur enseigner à apprendre et penser. L’apprentissage fait partie de la vie. Les enfants travaillent très jeunes. Comme il n’est pas pénible, c’est aussi agréable que le jeu ou le sport. Tout Waldennois est fier d’enseigner, ça fait partie du Code de la communauté.

En ce qui a trait à la formation professionnelle, c’est autre chose, dit Frazier. Nous prenons des arrangements avec des institutions extérieures et elles constatent progressivement la qualité de nos élèves. La gradation n’est qu’une affaire administrative. Les enfants se mettent d’eux même à la matière suivante avec l’âge. Nous leurs fournissons un excellent répertoire de méthodes et de techniques de penser retenues de la logique, de la statistique, de la méthode scientifique, de la psychologie et des mathématiques. C’est notre éducation collégiale et les jeunes ont accès au reste à la bibliothèque ou aux laboratoires. Trois mille livres vitaux, c’est tout ce dont ils ont besoin. S’ils veulent bouquiner, nous avons une demie grange de volumes retirés de la bibliothèque. Nos laboratoires sont nos véritables lieux de travail. L’apprentissage d’une langue seconde se fait si les circonstances s’y prètent, pour son usage et non pas pour l’obtention de grade.

Il n’est pas nécessaire de recourir à la peur de l’échec, aux honneurs, aux diplômes ou à l’argent pour motiver à apprendre. Un bébé explore tout ce qu’il trouve; cette curiosité ne s’amenuise pas avec l’âge mais s’étend. Si la persévérance est souhaitable, elle s’enseigne. Il n’est pas nécessaire d’ajouter des motifs artificiels ou déplaisants pour rendre un homme productif, brave ou heureux. Si ces conditions par le passé ont donné lieu à des génies ou à de grands artistes, ce qui se voit à Walden prouve que la misère n’est pas nécessaire à l’oeuvre artistique ou scientifique, ce qu’il faut, c’est une culture.

À Walden, après 10 ans de fonctionnement dans un même milieu culturel, les écarts d’intelligence des enfants qui y sont nés sont en gros les mêmes que ceux de l’extérieur. Ces différences sont acceptées comme le sont les écarts d’habileté ou d’adresse. Les moins talentueux sont rarement mis en concurrence de sorte qu’il ne sont pas malheureux de leur sort. Les parents n’ont pas de raison de se faire une fausse représentation des limitations de leurs rejetons et les enfants surdoués n’ont pas à attendre après les moins doués. Là, le génie peut s’épanouir.

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