25 – Lèche-vitrine

25 – Lèche-vitrine

Pour s’assurer que lui et ses compagnons ne sont pas les victimes d’une machination, le professeur Burris entreprend d’explorer à son gré les étages de Walden Two de façon systématique. Il ne passe pas inaperçu mais les membres sont cordiaux et ne changent pas de conduite en le voyant.

Au premier étage il découvre un groupe d’hommes et de femmes dans la quarantaine avancée qui bavardent joyeusement et pas méchamment. Il s’en approche suffisamment pour entendre leurs histoires amusantes, leurs souvenirs précommunautaires et leurs appréciations d’une artiste locale débutante. Au deuxième, quatre jeunes hommes discutent d’efficacité militaire. Au suivant, leur conversation s’entend encore mais les personnes qui s’y trouvent s’intéressent plutôt à une partie d’échec entre un jeune homme et une femme plus âgée. Au quatrième, une dame fait la lecture d’un livre en rédaction à trois petites filles en présence de l’auteur. Au cinquième, un homme se plaint de ne pas avoir été écouté mais sa conversation se termine par une plaisanterie de son interlocuteur.

À l’étage suivant il n’y a personne mais à l’autre trois jeunes dames prennent le thé et elles l’invitent sans la moindre gêne à se joindre à elles. Apprenant qu’il enseigne dans un collège, elles lui posent un tas de questions sur ce qu’on y fait autrement qu’ici: les examens, l’étude, les lectures obligatoires. Prétextant avoir rendez-vous, il s’échappe de cet interrogatoire serré et pour faire crédible saute les deux étages suivants. Il atteint ainsi le dixième où un grand groupe de buveurs de thé discutent d’un article qui vient juste d’être lu. Il est relu occasionnellement par l’un d’eux.

N’ayant pas encore déniché d’insuffisance psychologique, Burris abandonne son exploration des étages pour poursuivre son investigation dans les salles de lecture et de loisirs. Des groupes semblables à ceux découverts aux étages s’y trouvent. Dans l’une des salles de lecture, il découvre des livres techniques pratiques dont il ignorait l’existence. Revenant à son enquête, il regarde le paysage par la fenêtre et note que dans toute direction il s’y trouve des personnes seules ou en groupe en train de faire quelque chose de profitable ou d’agréable.

D’une des salles de musique provient un air de piano connu. Il s’approche. Des jeunes en sortent et l’un d’eux lui laisse la porte ouverte. Il entre discrètement et s’installe sur un coussin comme l’on déjà fait les personnes présentes. Certaines lisent. Les musiciens sont étonnament jeunes mais jouent avec compétence et aplomb. Le pianiste est moins habile. La pièce musicale se termine vigoureusement. les gens applaudissent, en particulier les musiciens. Le pianiste se lève bras en l’air en criant « Bravo! ». C’est Frazier.

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