33 – Bref, rivaliser avec Dieu

33 – Bref, rivaliser avec Dieu

La deuxième partie de la conversation se passe à un endroit surnommé « Le Trône » au sommet de la carrière Stone Hill. On y accède d’abord par un sentier très utilisé, puis une pente abrupte, puis des buissons bas.

Après quelques minutes, les marcheurs atteignent et franchissent une clôture surmontée de barbelés. Ils se retrouvent soudainnement au sommet de la carrière avec vue sur tout Walden Two. Avec un petit téléscope, Frazier se paie un tour d’horizon et le rapporte à Burris. Il constate que tout va pour le mieux.

Satisfait, il s’étend sur le gazon en position de crucifixion. Burris devient mal à l’aise. Pour mettre les choses au clair, il lui demande carrément s’il se prend pour Dieu. Son interlocuteur admet une curieuse similarité, la différence serait à son avantage, les théologiens disent que les enfants de Dieu le désappointent toujours, ceux de Walden Two le désappointent lui moins fréquemment.

Le plan initial de la communauté voit à ce que ses membres soient en situation de vouloir faire précisément les choses qui sont les meilleures pour eux-mêmes et la communauté. Ainsi, leur comportement sont déterminés mais ils sont libres, rien ne les force. Les Waldenniens sont prédestinés mais libres, quelques experts en comportement des organismes, soumis aux mêmes règles et avantages qu’eux, déterminent leur sort commun. Frazier est un dictateur, à l’image de Dieu, Castle a raison dans un certain sens, et Dieu est en retard en gros entre autres en matière d’égalité.

Les propriétés compétitives de l’homme qui en ont fait un vainqueur, jusqu’à l’invention de la bombe atomique, ne conviennent plus pour la survie de l’humanité. Frazier emploie les siennes à combattre la compétitivité. Humblement, il affirme que personne n’est plus compétitif que lui à Walden Two sauf quand il s’agit d’observer son Code. En cours de recherche sur le comportement humain, la méthode qu’il a suivie a fait que son esprit compétitif s’est suicidé. La découverte du fait extraordinaire que pour survivre il ne faut pas s’obstiner à compétitionner plus qu’il faut est survenue en lui.

Dieu a certainement une longueur d’avance sur Frazier, celui-ci le reconnaît, ça le fâche, mais son plan à lui est plus explicite, il peut prétendre qu’il est plus ouvert à la discussion. Walden Two se situe plus dans l’esprit de la cosmogonie chrétienne (aimez-vous les uns les autres) que l’évolution du monde selon la science moderne, (la poche au plus fort). Burris trouve qu’il a un complexe de Dieu, pour utiliser un concept qu’il n’aime pas. Frazier admet qu’il aime jouer à  Dieu, pourquoi pas, Jésus a bien pensé qu’il était Dieu. Avec dévotion cependant, comme si Jésus était un collègue, qu’il admirerait pour une découverte technique. Frazier ne dit pas que sa réussite l’a aidé à comprendre les problèmes personnels d’un grand réformateur. Il éprouve une sympathie pour des faiblesses qui sont au delà des connaissances du professeur.

Frazier ferme le chapitre en chuchotant, en montrant du bras Walden Two: « Ce sont mes enfants, je les aime ». il ajoute: « Qu’est-ce que l’amour, sinon un autre nom pour le recours au renforcement positif. »

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